T'as pas de baseline ? Tu peux quand même mesurer.

Comic minimaliste. À gauche, un Scrum Master (raton laveur orange) dit : "On a réglé le carryover. L'équipe livre mieux." À droite, un manager en costume répond : "C'est du feeling ou c'est réel ?"

Le 13 mai, je donnais une conférence à Agile Montréal. Le sujet : ce que j'aurais voulu savoir pour prouver mon impact en tant que SM (avant de me faire virer).

Lors du Q&A, une participante a dit quelque chose d'intéressant sur la mesure :

"Mon problème, c'est que j'aurais dû prendre une photo de l'avant. Je sais que les choses se sont améliorées. Mais je peux pas le montrer."

La personne à côté d'elle a hoché la tête sans rien dire.

si tu mesures pas, ça existe pas
une des slides de mon talk

C'est ça le vrai problème... Pas l'absence de résultats, l'absence de point de départ.

Dans une précédente newsletter, je te parlais d'un SM qui gérait 4 équipes en SAFe. Après 2 heures d'ateliers le throughput était multiplié par 4. Des items bloqués depuis 230 jours qui ont enfin bougé. Il avait fait quelque chose d'important, il l'avait juste pas vu...

Ce qu'il n'avait pas non plus, c'est une baseline. Aucune mesure avant les ateliers. En tout cas, rien de formalisé.

Mais les données existaient. Elles étaient dans Jira depuis le début. On a reconstitué les mesures avec ce qui traînait déjà là. Et le "avant" a rendu le "après" crédible.

Si t'as pas de baseline, c'est pas foutu. C'est juste pas encore fait.

🧪 Ton expérimentation 48h

3 questions pour créer ta baseline aujourd'hui

Prends un problème que tu travailles en ce moment (un seul).

1. C'est quoi le problème que tu règles ?

Une phrase. Pas une liste.

Les sprints finissent avec du carryover systématique.

2. Qu'est-ce qui te prouve qu'il existe aujourd'hui ?

C'est là que les SM se trompent le plus souvent. Ils répondent avec du qualitatif pur : "l'équipe se plaint", "ç'est chaotique". C'est un début, mais ça donne pas de point de référence.

Cherche 2 points de vue :

Quantitatif : Sur les 4 derniers sprints, on livre 60% de ce qu'on s'engage à faire. On prends 50% de trop au planning.
Qualitatif : L'équipe dit "c'est pas grave" quand un item passe au sprint suivant. Personne ne questionne le pattern.

Les 2 ensemble, c'est une preuve. Juste le qualitatif, c'est une impression.

3. Quelle évolution tu veux voir dans 6 semaines ?

Pas un rêve, pas des licornes. Un signal.

Quantitatif : "On livre 80% de ce qu'on s'engage. On prends sur la vélocité médiane des 4 derniers sprints."
Qualitatif : "L'équipe commence à nommer le carryover comme un problème, plus comme la norme."

⚠️ Le piège classique : attendre que la mesure soit parfaite avant de commencer.

Elle ne le sera jamais, et plus tu attends, plus le problème que tu travailles existe sans trace.

Il y a aussi une 2ème peur, moins avouée : se faire challenger sur les chiffres. Alors on reste dans le qualitatif (c'est plus confo).

C'est aussi plus facile à détruire en 30 secondes : "C'est du feeling ou c'est réel ?"

Un chiffre approximatif tient mieux qu'un sentiment bien formulé. Trouve une donnée, même imparfaite, même vite fais. C'est suffisant pour commencer.

Dans 6 semaines, t'as un "avant" et un "après" pour une conversation à avoir avec des preuves, pas juste des impressions.

Est-ce qu'il y a un problème que tu travailles en ce moment avec ton équipe dont tu saurais pas montrer l'évolution si on te le demandait demain ?

Allez, A+
Pierre-Cyril (mais tu peux m'appeler PC)

Cette newsletter est artisanale faite avec amour et sans gluten. Elle peut contenir des traces de fautes d'orthographe et de grammaire. Désolé si tes yeux brûlent...